Rappel : qui sont CGE et CTI
Avant de comparer les questionnaires, rappel rapide. La CGE est l'association privée qui fédère 250+ grandes écoles (management et ingénieur) et publie chaque année son enquête nationale d'insertion. Indicateur de prestige et de comparaison entre écoles. La CTI est la Commission des Titres d'Ingénieur, autorité indépendante, qui accrédite les écoles à délivrer le titre d'ingénieur. Sa mission est officielle, son enquête nourrit le dossier d'accréditation tous les 3 ou 6 ans.
Une école d'ingénieur est typiquement soumise aux deux. Pour le détail des obligations, lire notre guide CGE vs CTI.
Différence 1 — Métiers d'ingénieur explicites (CTI uniquement)
La CTI demande d'identifier explicitement le caractère "métier d'ingénieur" du poste occupé : ingénieur d'études, ingénieur de production, ingénieur R&D, ingénieur conseil, etc. La CGE accepte une typologie plus floue (cadre, technicien supérieur, autre).
Conséquence pratique : sur le formulaire CTI, ajouter une question dédiée du type "Quel est l'intitulé exact de votre poste, et est-il considéré par votre employeur comme un métier d'ingénieur ?". Cette information ne figure typiquement pas sur le formulaire CGE — ou y figure sous une forme moins exigeante. Selon nos observations terrain, environ 15-20 % des alumni en école d'ingénieur occupent des postes hors "métiers d'ingénieur stricts" (commerce, conseil, finance) — c'est une donnée que la CTI veut explicitement remonter.
Différence 2 — Mobilité internationale détaillée (CTI)
La CTI accorde une importance forte à la mobilité internationale des diplômés, à la fois en stage de fin d'études et en premier emploi. Le questionnaire CTI demande typiquement le pays exact, la durée, la nature (expatriation, mission, télétravail international).
La CGE collecte la donnée mais avec moins de granularité (souvent juste "France / international"). Pour rester cohérent avec les attentes du dossier CTI, il faut donc un bloc questions spécifique de 3 à 5 sous-questions sur l'expérience internationale, conditionné au statut "alumni en emploi à l'étranger" ou "alumni français en mission internationale".
Différence 3 — Satisfaction de la formation (CTI insiste, CGE en option)
La CTI exige des indicateurs de satisfaction de la formation dans le dossier d'accréditation : adéquation formation/emploi, satisfaction des compétences techniques acquises, satisfaction du parcours pédagogique. Ces questions figurent dans tous les questionnaires CTI sérieux.
La CGE laisse ces questions optionnelles et beaucoup d'écoles ne les posent pas dans leur enquête CGE pour ne pas alourdir. Si vous mutualisez les questionnaires sans avoir intégré ces questions de satisfaction, vous arrivez devant la CTI avec un dossier incomplet — ou il faut faire une enquête de satisfaction parallèle (ce que beaucoup font, à tort, en doublonnant l'effort).
Différence 4 — Statut d'emploi et type de contrat (codifications différentes)
Les deux référentiels demandent le statut d'emploi et le type de contrat, mais avec des codifications subtilement différentes. La CGE a sa propre liste : CDI, CDD, intérim, stage rémunéré, indépendant, fonctionnaire, autre. La CTI a une liste similaire mais distingue parfois le "CDD long" du "CDD court", traite plus finement le statut "doctorant" (qui peut être emploi ou poursuite d'études selon le cas), et attache une importance particulière au premier emploi en CDI comme indicateur d'autonomie professionnelle.
En pratique, on collecte la donnée de manière compatible avec les deux référentiels : une question principale "Quel est votre statut actuel ?" avec sous-options détaillées, puis on recode après coup pour l'export CGE et pour le dossier CTI. C'est moins coûteux que deux questions distinctes.
Pour aller plus loin sur les définitions et le calcul des indicateurs d'emploi, voir notre article sur l'analyse des résultats d'enquête CGE.
Différence 5 — Salaire et primes (granularité plus fine côté CTI)
La CGE demande le salaire brut annuel, primes incluses, en France et hors France. Souvent en tranches (35-40k€, 40-45k€, etc.) pour ne pas frustrer l'alumni. La CTI demande la même chose mais avec parfois une décomposition plus fine : salaire fixe vs variable, primes liées à l'expatriation, avantages en nature (logement, transport).
Sur les écoles que nous accompagnons, la pratique la plus efficace est de demander : (1) le salaire fixe annuel brut, (2) la part variable estimée annuelle, (3) les avantages en nature (oui/non/montant approximatif). Cette décomposition couvre les deux référentiels sans alourdir excessivement le formulaire. Sur les questions de salaire en général, plus la formulation est précise, moins l'alumni hésite à répondre — et le taux de complétion sur les questions salaire monte typiquement de 10-15 points.
Différence 6 — Calendrier de soumission (CGE 6m+30m, CTI annuelle)
La CGE attend deux campagnes par an : à 6 mois (sur la promo n-1) et à 30 mois (sur la promo n-3). Le calendrier est public et stable, voir notre calendrier enquête CGE 2026 mois par mois.
La CTI fonctionne différemment. L'enquête est annuelle, généralement sur la promo n-1 (et parfois la promo n-2 ou n-3 selon les exigences locales du dossier d'accréditation). Le calendrier est moins normé que celui de la CGE, mais la donnée doit être à jour et cohérente avec le rythme des visites d'accréditation (tous les 3 ou 6 ans selon le grade).
Conséquence : si vous mutualisez le questionnaire mais pas le calendrier, vous avez deux campagnes à 6 mois (CGE + CTI sur la même promo) et ça n'a pas de sens. Bonne pratique : mutualiser la collecte 6 mois (questionnaire élargi qui couvre les deux), et faire une collecte CGE 30 mois indépendante qui n'a pas d'équivalent CTI.
Différence 7 — Format d'export attendu
La CGE attend un export structuré au format défini par la CGE asso (XLSX avec colonnes typiques au nombre de 25 à 35 selon le millésime). La CTI accepte des formats plus libres dans le dossier d'accréditation, mais demande des tableaux synthétiques orientés indicateurs (taux d'emploi, salaire médian, mobilité internationale) plus que la donnée brute.
Cela impacte la phase de retraitement après collecte. Pour la CGE, on génère un XLSX brut compatible. Pour la CTI, on génère plutôt des tableaux statistiques avec des moyennes, des médianes, des distributions par segment. Une plateforme comme Terrilink Enquêtes propose les deux exports nativement, ce qui évite le double retraitement Excel.
Différence 8 — Niveau d'agrégation accepté pour publication
Pour la publication grand public du rapport, les deux référentiels n'acceptent pas la même granularité. La CGE publie des indicateurs agrégés au niveau de l'école (taux d'emploi global, salaire médian global). La CTI peut demander, dans le dossier d'accréditation, des indicateurs par spécialité ou par parcours — surtout pour les écoles avec plusieurs filières ou plusieurs sites.
Conséquence : si votre échantillon de répondants par spécialité est trop petit (sous 20 répondants), vous ne pouvez pas publier l'indicateur au niveau spécialité côté CTI. Il faut alors consolider à un niveau supérieur, ce qui doit être anticipé au moment de la collecte. C'est l'une des raisons pour lesquelles maximiser le taux de réponse — par le pré-remplissage et par les bonnes pratiques de relance — est encore plus critique pour les écoles d'ingénieur multi-filières.
Comment Terrilink gère les deux en parallèle
L'erreur classique consiste à dupliquer entièrement les questionnaires : un formulaire CGE, un formulaire CTI, deux campagnes parallèles, deux fois plus de relances, et des alumni qui reçoivent deux sollicitations à 3 semaines d'intervalle sur des questions très proches. Taux de réponse qui s'effondre.
La bonne pratique : un questionnaire élargi unique qui contient la part commune (état civil, parcours, statut d'emploi, salaire, satisfaction) plus les blocs spécifiques CTI (mobilité internationale détaillée, métier d'ingénieur explicite, satisfaction formation). Au moment de l'export, la plateforme génère deux fichiers : un export CGE strict (colonnes attendues, codification CGE), un export CTI (tableaux statistiques pour le dossier d'accréditation).
Sur Terrilink, ces deux exports sont natifs. Une seule campagne 6 mois à lancer, une seule campagne 30 mois, deux livrables différents. Charge alumni divisée par deux, double conformité. Pour démarrer, le plus rapide est de réserver une démo avec un cas concret CTI + CGE.